Logiciels de paie

PayFit, Silae ou Skello : quel logiciel de paie pour votre entreprise ?

Le meilleur logiciel de paie n’existe pas dans l’absolu : il dépend de qui saisit les bulletins. Voici comment trancher entre PayFit, Silae, Skello et les autres.

Enzo Métayer 11 min de lecture

Un dirigeant de PME à Villeurbanne me posait récemment la question de travers : « Quel est le meilleur logiciel de paie ? » Il n’y a pas de meilleur logiciel de paie dans l’absolu. Il y a un logiciel adapté à qui va s’asseoir devant l’écran pour saisir les variables, contrôler les bulletins et gérer les déclarations. PayFit, Silae, Skello, Combo, Lucca, Factorial : ce ne sont pas six versions du même produit, ce sont des outils pensés pour des mains différentes. Choisir le mauvais, c’est payer un abonnement pour un outil que personne dans l’entreprise n’a le profil pour exploiter.

Voici comment je pose le problème quand j’accompagne une entreprise sur ce choix : d’abord, qui fait la paie ? Ensuite seulement, avec quel outil.

La vraie question : qui tient la paie chez vous ?

Trois cas de figure couvrent la quasi-totalité des TPE-PME que je rencontre en Auvergne-Rhône-Alpes.

  • Le dirigeant ou l’assistante fait la paie en interne. Personne n’est gestionnaire de paie de métier, on veut un outil qui guide, qui sécurise et qui évite les erreurs de débutant. C’est le terrain de PayFit.
  • Un cabinet ou un prestataire externalisé tient la paie. La saisie est faite par un professionnel qui gère des dizaines de dossiers. Il lui faut un outil rapide, complet, paramétrable. C’est le terrain de Silae.
  • L’enjeu, ce sont les plannings et les heures variables (restaurant, hôtel, commerce, salle de sport). La paie découle du planning, pas l’inverse. C’est le terrain de Skello et Combo.

Tant que cette question n’est pas tranchée, comparer les logiciels ligne à ligne ne sert à rien. Un outil de gestionnaire mis entre les mains d’un dirigeant non formé devient un gouffre à erreurs ; un outil grand public confié à un cabinet le ralentit.

PayFit : la paie autonome, guidée pour le dirigeant

PayFit s’adresse à l’entreprise qui veut internaliser sa paie sans avoir de gestionnaire de paie sous la main. L’interface pose des questions en français courant, applique la convention collective renseignée, génère les bulletins, prépare la DSN et suit les congés. Un dirigeant méthodique s’en sort seul sur une paie simple.

Pour qui : TPE et PME de 3 à 80 salariés, sans service paie interne, avec des situations relativement standard.

Forces : prise en main rapide, guidage pas à pas, portail salarié soigné (bulletins, congés, notes de frais), déclarations automatisées. On limite les erreurs par construction.

Limites : dès que le cas se complexifie (conventions atypiques, multi-établissements, régularisations lourdes, situations de fin de contrat épineuses), l’outil montre ses bords et l’absence d’un œil expert se paie cash. La facturation à l’abonnement par salarié grimpe vite quand l’effectif monte.

Ordre de prix : abonnement mensuel par salarié actif, avec un socle de base. Comptez un budget qui croît avec l’effectif ; demandez toujours un devis nominatif, les grilles publiques ne reflètent pas le coût réel.

Silae : l’outil du gestionnaire et de l’expert-comptable

Silae est le standard des cabinets et des services paie structurés. C’est un moteur puissant, rapide en saisie de masse, capable d’encaisser des paramétrages fins et des volumes importants. Ce n’est pas un outil que l’on confie à un dirigeant : il suppose de savoir ce qu’est une régularisation de plafond ou une rupture conventionnelle du point de vue paie.

Pour qui : cabinets, prestataires d’externalisation, entreprises avec un gestionnaire de paie interne aguerri.

Forces : puissance, fiabilité réglementaire, productivité sur beaucoup de bulletins, gestion des cas complexes. C’est l’outil que nous privilégions quand nous prenons la paie en charge pour un client.

Limites : aucune vocation grand public. Sans compétence paie, l’outil est inutilisable et dangereux. L’accès passe généralement par un prestataire.

C’est précisément la logique de notre service de gestion de paie externalisée : vous ne payez pas une licence à apprendre, vous confiez les bulletins à quelqu’un dont c’est le métier, sur un outil de professionnel.

Skello et Combo : quand le planning commande la paie

Pour un restaurant de la Presqu’île, un hôtel ou une chaîne de commerces, le nerf de la guerre n’est pas le bulletin en lui-même : c’est le planning, les heures supplémentaires, les coupures, les majorations de nuit et de dimanche. Skello et Combo partent du planning et remontent vers la paie. On construit les horaires, on pointe les heures réelles, et les variables de paie se déduisent.

Pour qui : hôtellerie-restauration, commerce, services avec beaucoup d’horaires variables et de temps partiels.

Forces : gestion fine des plannings et des temps, calcul automatique des heures et majorations, réduction des litiges sur les heures, préparation des variables de paie.

Limites : ce sont d’abord des outils de planning. La paie elle-même reste souvent produite par un moteur dédié ou un prestataire en aval ; il faut vérifier jusqu’où va la brique paie selon la formule.

Lucca et Factorial : le SIRH modulaire, au-delà de la paie

Lucca et Factorial ne sont pas d’abord des logiciels de paie mais des SIRH : congés, notes de frais, entretiens, coffre-fort de bulletins, suivi des collaborateurs. On active des modules selon les besoins. La paie s’y branche ou s’y interface, mais l’intérêt est ailleurs : structurer la fonction RH d’une PME qui grandit.

Pour qui : PME à partir de 20-30 salariés qui veulent professionnaliser leur RH au-delà du seul bulletin.

Forces : modularité, portail collaborateur complet, automatisation des demandes RH, tableaux de bord.

Limites : facturé au module et par salarié, l’addition monte vite. Pour une TPE dont le seul besoin est le bulletin mensuel, c’est surdimensionné. La question de savoir quel SIRH ou logiciel de paie choisir mérite un vrai cadrage avant de signer.

Le comparatif d’un coup d’œil

OutilFait pourPoint fortLimite principale
PayFitDirigeant / assistante, paie interneGuidage, simplicitéCas complexes, coût à l’effectif
SilaeCabinet, gestionnaire aguerriPuissance, fiabilitéInutilisable sans compétence paie
Skello / ComboHCR, commerce, horaires variablesPlanning et heuresBrique paie parfois partielle
Lucca / FactorialPME qui structure sa RHSIRH modulaireSurdimensionné pour une TPE

Notre position, honnêtement

Beaucoup d’entreprises se trompent d’étape : elles choisissent un outil avant de décider qui fera la paie. Si vous avez le temps, la rigueur et des situations simples, un outil guidé comme PayFit peut suffire en interne. Mais dès qu’il y a des enjeux (turnover, conventions particulières, fins de contrat, contrôle URSSAF), l’erreur ne se voit qu’au moment où elle coûte cher.

C’est pourquoi nous conseillons souvent d’externaliser la production des bulletins plutôt que d’acheter une licence à apprendre. Chez FoxiWeb, un bulletin de paie est facturé 25 € HT, une DPAE 15 € HT, et une heure de conseil RH 50 € HT — vous payez de la paie juste, pas un abonnement à un outil que vous découvrez. Le bon choix n’est pas le logiciel à la mode, c’est celui qui correspond à la main qui saisit.

FAQ

Questions fréquentes

Si vous avez une personne rigoureuse en interne et des situations simples, PayFit peut convenir. Dès qu’il y a des fins de contrat ou des conventions particulières, l’externalisation sécurise mieux : chez FoxiWeb, un bulletin est à 25 € HT, sans licence à apprendre ni abonnement fixe.

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